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Chien qui aboie : ce que dit la loi française

Aucune loi n’interdit à un chien d’aboyer. Mais plusieurs textes encadrent le bruit qui en résulte, de jour comme de nuit, et le propriétaire en répond. Voici lesquels, et ce qu’ils changent pour vous.

Mis à jour le · 6 min de lecture · par l’équipe DogHush

En France, un chien a le droit d’aboyer ; ce qui est sanctionné, c’est le bruit qui, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porte atteinte à la tranquillité du voisinage, de jour comme de nuit (Code de la santé publique, art. R1336-5). Le propriétaire encourt une contravention de 4e classe (amende forfaitaire de 135 €, jusqu’à 750 €), ou de 3e classe pour le tapage nocturne du Code pénal (68 €, jusqu’à 450 €). Au civil, le trouble anormal de voisinage (Code civil, art. 1253) permet à un voisin d’obtenir que ça cesse et des dommages-intérêts. Avant tout procès, une tentative de conciliation est obligatoire. Ce guide est une information générale, pas un avis juridique.

Quels textes s’appliquent ?

TexteCe qu’il couvreCe que ça donne
Code de la santé publique, art. R1336-5Tout bruit de comportement, y compris celui d’« un animal placé sous sa responsabilité », qui porte atteinte à la tranquillité du voisinage par sa durée, sa répétition ou son intensitéLa règle de fond, valable 24 h sur 24
Code de la santé publique, art. R1337-7La sanction du bruit ci-dessusContravention de 4e classe depuis le 1er octobre 2023 : 135 € forfaitaire, 750 € au maximum
Code pénal, art. R623-2Les « bruits ou tapages injurieux ou nocturnes »Contravention de 3e classe : 68 € forfaitaire, 450 € au maximum
Code civil, art. 1253Le trouble anormal de voisinage, inscrit dans le Code civil par la loi du 15 avril 2024 : celui qui cause un trouble « excédant les inconvénients normaux de voisinage » en répond de plein droitLe juge peut ordonner que ça cesse et accorder des dommages-intérêts
Arrêtés municipaux ou préfectorauxBeaucoup de communes et de départements ont un arrêté sur le bruit, souvent avec un article sur les animauxLe maire et la police municipale le font respecter

Textes consultés sur legifrance.gouv.fr en septembre 2026. Les montants d’amende forfaitaire peuvent changer.

Y a-t-il des horaires où mon chien peut aboyer ?

Non. Le Code de la santé publique ne fixe aucune plage horaire : un chien qui aboie deux heures d’affilée à 15 h est un bruit de voisinage sanctionnable, et service-public.fr le dit clairement, on ne peut troubler la tranquillité d’autrui « ni le jour ni la nuit ». La nuit ajoute une seconde qualification, le tapage nocturne, pour laquelle la pratique retient en général la plage de 22 h à 7 h, sans exiger que le bruit soit répété ni intense. Votre commune peut ajouter ses propres règles par arrêté ; elles sont en mairie.

Un seul critère suffit : la durée, la répétition ou l’intensité. Trois aboiements au passage du facteur n’en remplissent aucun ; une heure chaque matin après votre départ en remplit deux.

Ce qu’un voisin peut faire

Dans l’ordre que service-public.fr décrit :

  1. Vous en parler. La plupart des maîtres ne savent pas que leur chien aboie en leur absence.
  2. Vous écrire, par lettre simple puis en recommandé avec accusé de réception.
  3. Saisir la mairie ou la police municipale, qui peuvent constater le bruit et dresser un procès-verbal ; la police ou la gendarmerie pour un tapage nocturne. C’est là que l’amende peut tomber.
  4. Saisir le conciliateur de justice. Gratuit, via la mairie ou le tribunal judiciaire, et obligatoire avant de pouvoir saisir un juge pour un conflit de voisinage.
  5. Aller au tribunal, en dernier recours, sur le fondement du trouble anormal de voisinage. Le voisin devra alors prouver le trouble : relevé daté, témoignages, constat d’un commissaire de justice.

Ce que vous devez faire, en tant que propriétaire

  • Répondez à la première remarque : c’est souvent la seule chance d’éviter tout le reste. Un mot cordial, une date à laquelle vous ferez un point. Comment répondre à une plainte, avec un modèle.
  • Mesurez avant de discuter. Enregistrez une absence. Trois salves dans un après-midi, vous pouvez rassurer ; une heure chaque matin, vous avez une base.
  • Traitez la cause, pas seulement le bruit. Un chien qui aboie seul s’ennuie, monte la garde ou panique, et les trois se règlent différemment. L’anxiété de séparation relève du vétérinaire.
  • Gardez des traces de ce que vous avez changé et quand : enregistrements, factures d’un promeneur, rendez-vous chez le vétérinaire. Devant un conciliateur, la bonne foi pèse.
  • Ne comptez pas sur le collier. Il fait baisser le bruit quelques semaines, puis le chien s’y habitue, et vous aurez un chien puni sans avoir réglé la plainte. Les alternatives.

Pour l’aboiement d’alerte en votre absence, DogHush peut répondre à chaque aboiement avec votre ordre enregistré, et son historique par jour et par heure est la courbe descendante qu’un voisin ou un syndic a envie de voir.

Locataire ou en copropriété : peut-on m’interdire mon chien ?

En principe, non. Depuis la loi du 9 juillet 1970 (article 10), toute clause d’un bail d’habitation interdisant un animal familier est réputée non écrite, sauf en location saisonnière et pour les chiens de 1re catégorie. Mais le même article pose une condition : l’animal ne doit causer ni dégât à l’immeuble ni trouble de jouissance aux occupants. Des aboiements excessifs et prouvés sont un trouble de jouissance, et un bailleur ou un syndic peut s’en saisir. Le droit d’avoir un chien n’est pas en cause ; le bruit, oui. La loi ne demande pas le silence, elle demande la mesure.

Sources

  1. Légifrance. Code de la santé publique, article R1336-5 (bruits de voisinage). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000035425967
  2. Légifrance. Code de la santé publique, article R1337-7 (sanction des bruits de comportement). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047909335
  3. Légifrance. Code pénal, article R623-2 (bruits ou tapages injurieux ou nocturnes). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419495
  4. Légifrance. Code civil, article 1253 (troubles anormaux du voisinage). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006437138
  5. Légifrance. Loi n° 70-598 du 9 juillet 1970, article 10 (animaux familiers dans un logement). https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000025576932/
  6. Service-public.fr. Troubles de voisinage : bruits créés par des comportements anormaux. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F612
  7. Service-public.fr. Conciliateur de justice. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1736

Ce guide est une information générale sur le comportement du chien, pas un avis vétérinaire. Un changement soudain dans les aboiements, ou des aboiements accompagnés de signes de détresse, justifient une visite chez le vétérinaire.